Quel visiteur pourrait imaginer
qu'à proximité de la ville de Salers existait un château maintenant disparu à cause d'un crime commis par son seigneur ?
Salers vu du chemin des remparts
Au sommet de l'un des versants de la vallée de la Maronne, s'élèvent à la même hauteur, deux mamelons
basaltiques, d'une grandeur inégale et isolés l'un de l'autre. Un château avait été bâti sur celui dont la surface était la plus petite;
sur le second mamelon - plus spacieux - s'étaient regroupées des habitations.
en
direction de l'église (à gauche) - vers le monticule où était bâti le château (à droite)
L'église fut construite à la fin du XIIIè siècle, entre la ville actuelle et le château, dans le
faubourg, hors de l'enceinte de la ville. "Le dictionnaire statistique du Cantal " en déduit que c'est dans le faubourg, sous la protection du château, que s'établirent les premiers
habitants puis la ville bourgeoise s'installa sur la hauteur, face au château, siège du pouvoir seigneurial.
La seigneurie de Salers était partagée entre plusieurs seigneurs dont les plus
importants furent les barons de Salers qui habitaient le château. Cependant, la maison de Pestels conserva pendant plus de quatre siècle la moitié de la seigneurie et avait le droit d'usage d'une tour dans le château.
Disparition du château de Salers
Au XVIIè siècle, le baron de Salers fut
l'auteur d'un crime odieux et fut traduit devant les GRAND jOURS D'AUVERGNE de 1665. Reconnu coupable, le seigneur de Salers sauva sa tête par la
fuite car il fut condamné à avoir la tête coupée et ses biens confisqués. Sa terre de Salers fut privée de sa justice
Photographie prise sur le chemin des remparts, au pied du monticule sur
lequel s'élévait le château. On peut se rendre compte que la ville est, elle aussi, bâtie sur un mamelon et à une certaine distance.
Enfin il fut ordonné que le château serait rasé et démoli. Le 25 janvier 1666, Me
Cabre avocat du roi à la sénéchaussée de Riom, fut commis pour faire raser le château et couper les bois servant d'ornement à trois pieds de hauteur.
Ormis la
condamnation par contumace, la totalité de l'arrêt fut exécutée. La justice fut réunie au bailliage royal, la terre et la baronnie de Salers furent confisquées et adjugées par un arrêt
du parlement de Paris du 19 mars 1679 à Annet d'Escorailles, baron de Mazerolles, époux de Diane de Salers, pour le prix de 70 000 livres.
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Dans un dénombrement de la terre de Salers fait
au roi le 19 aout 1689, soit dix ans après, Annet d'Escorailles reconnait tenir : "...la masure et ruine du château de Salers, avec circuit et enclos d'icelui, où il y a dedans une grange couverte de tuile avec une écurie au dessous : un
jardin avec une place appelée de Calvinet, un puits et une terrasse ... et un autre jardin au-dessous...". Le château ne fut donc jamais reconstruit.
Reste de mur d'enceinte du château
On ne peut hélas accéder à l'esplanade où était
bâti le château
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