La famille d'Anjony - Johanni - n'est pas d'origine chevaleresque mais marchande.
On l'a dit venue du Quercy voisin et installée à Aurillac au 14è siècle pour y faire
négoce. Grâce à la bonne marche de leurs affaires, ses membres s'installèrent au poste de
consuls, d'autres devinrent d'habiles juristes .
Cependant cela ne suffisait pas car la notabilité passait par la terre. La vieille noblesse à cette époque se débattait dans les difficultés financières et fut obligée - pour soutenir son train de vie - de vendre quelques
unes de ses terres et de ses privilèges attachés au sol, notamment les droits féodaux.
Les Anjony achetèrent alors rentes et terres notamment dans la région de Tournemire pour conforter
leur position sociale et espérer ainsi accéder à la noblesse
.
Il n'a pas fallu un siècle à la
famille d'Anjony pour réussir à défier le pouvoir ancestral de la vieille aristocratie terrienne et chasser les seigneurs de Tournemire de leur fief.
Leur rapide et exemplaire ascension s'est faite en 4
étapes
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1ère étape : l'achat d'un fief
En 1351, Guillaume Johanini acquiert d'un successeur d'Eustache de
Baumarchais,
le fameux "quart de la tour haute ". A celui-ci était adjoint une maison forte de "Larmandie", sise sur
un promontoire proche du vieux château Il devenait de facto co-seigneur et vassal des Tournemire.
Indifférent par nature et origine aux joutes féodales, ils
continuèrent de s'enrichir et devinrent, en quelques années, le principal créancier de leur voisin.
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2ème étape : l'annoblissement
Par lettres patentes du roi Charles V datées de 1362, ce fut
chose faite.
L'accession à la noblesse de nouvelles familles sorties de la bourgeoisie
sur lesquelles ils purent compter, était une des tactiques employées par les rois de France pour résister à la puissance féodale.
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3ème étape : les alliances
En 1368, Bernard d'Anjony épousa Marguerite de Tournemire.
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4ème étape : la construction du
château
Pendant la Guerre de Cent ans, Louis d'Anjony
répondit à l'appel de Charles VII , réunit une compagnie de gens d'armes et partit faire la guerre aux
Anglais. Il fut un des "compagnons" de Jeanne d'Arc puis de Dunois dans leurs campagnes de Lagny, Dieppe,
Montivilliers et Eu.
En 1447, il revint en Auvergne non sans avoir obtenu en 1439, l'autorisation de faire construire un puissant donjon sur l'emplacement de la maison forte de Larmandie, à côté de l'ancien château, et rendait
hommage directement au roi : deux choses que ne purent supporter les Tournemire.
Dans la querelle qui s'en suivit et qui dura
près de 3 siècles,les Anjony utilisèrent habilement contre les Tournemire, les procédures juridiques car ils avaient conservé de nombreux liens avec les milieux administratifs et juridiques
d'Aurillac. Les Tournemire, au cours du 17è siècle, quittèrent peu à peu leurs terres pour s'installer dans le Limousin voisin, laissant les Anjony maîtres de la
place.
Position du donjon d'Anjony et du vieux château
C'est ce Louis d'Anjony qui est mentionné dans l'Armorial de Revel de 1450.
On peut y lire la description de ses armes :
"d'argent à trois fasces ondées de gueules, au chef d'azur chargé de 3 coquilles d'argent"
Blason de la famille de Léotoing d'Anjony
Ses armes, nous les retrouvons sur le blason de la famille de Léotoing d'Anjony.
En effet, le dernier des Anjony, Claude d'Anjony de Foix, sans
postérité, fit donation le 19 juin 1743 de son château et de son titre à son cousin
germain, Robert IV de Léotoing, ce dernier fils de Gabriel de Léotoing et de Gabrielle d'Anjony de Foix, pour le remettre en héritage à l'un de ses enfants
mâles.
Dans l'église de
Tournemire
Le château changeait donc de maison et en changea encore au 19è siècle pour se retrouver par alliance, dans celle des Pellissier de
Féligonde où elle est encore. Mais par les liens de cousinage et par les femmes, il reste
chez les actuels propriétaires comme un fil d'Ariane, qui les relient aux premiers Tournemire et aux d'Anjony ...
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